éduquer aux médias ça clap' à dumbéa

Éduquer aux médias : ça clap’ à Dumbéa

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En 2022 et 2023, j’ai piloté le projet Ça clap’ à Dumbéa, un dispositif d’éducation aux images mené auprès d’écoles de la commune de Dumbéa, en Nouvelle-Calédonie. Ce projet, réalisé avec le réalisateur Antony Pedulla de Wass’ap Production, avait pour ambition d’initier les élèves à l’écriture vidéo, à la construction d’un récit visuel et à la réalisation de courts-métrages inspirés de leur territoire.

Un parcours d’apprentissage

Ce projet est né d’une commande publique : développer l’éducation artistique et culturelle dans les écoles de la commune. À l’origine, une idée portée par le comité du jumelage de la ville était déjà en gestation : proposer aux élèves de réaliser des courts-métrages pour valoriser l’histoire, les paysages et les ressources de Dumbéa auprès des villes jumelles. Mon rôle a consisté à transformer cette première intention en véritable projet culturel et pédagogique, avec des objectifs clairs, une progression adaptée aux élèves et une articulation avec les attentes des instances éducatives.

C’est là que se situe mon expertise : concevoir un projet à la fois ambitieux, réaliste et utile pour les élèves. Un projet vidéo ne se résume pas au tournage. Avant d’arriver à la caméra, il faut apprendre à regarder, à raconter, à choisir un point de vue, à organiser des idées et à comprendre comment une image peut transmettre une émotion, une information ou une intention. En lien avec le conseiller pédagogique de la circonscription, nous avons donc pensé le dispositif comme un parcours d’apprentissage complet.

Les élèves ont été initiés à l’écriture de scénario, afin de comprendre comment se construit une histoire courte. Ils ont découvert la planche contact pour imaginer la captation, anticiper les cadrages et réfléchir à la succession des plans. Ils ont également expérimenté le stop motion, une technique ludique et très formatrice pour comprendre image par image la fabrication du mouvement. Le projet a aussi permis de découvrir des courts-métrages dans le cadre de la Fête du court-métrage, afin d’ouvrir les élèves à d’autres formes narratives et visuelles.

Cette approche progressive me semble essentielle. L’éducation aux images ne consiste pas seulement à apprendre à produire une vidéo. Elle permet aussi de développer l’esprit critique, la capacité d’observation, l’écoute collective et la coopération. Les élèves apprennent à se demander ce qu’ils veulent dire, comment ils veulent le montrer et à qui ils s’adressent. Ils passent ainsi d’une consommation quotidienne des images à une compréhension plus fine de leur fabrication.

Un projet scolaire lauréat

En 2024, le projet mené par l’école catholique de Dumbéa-sur-Mer a reçu le Nautile Jeunes Talents pour son court-métrage Le trésor de Dumbéa. Cette récompense a été une belle reconnaissance du travail accompli par les élèves, les enseignants et les intervenants. Elle m’a particulièrement touchée, car ce court-métrage s’inspirait de l’œuvre jeunesse Le trésor de Yana et mettait en valeur les langues, y compris la langue des signes. Il réunissait plusieurs dimensions qui me sont chères : la transmission culturelle, l’accessibilité, l’attention aux récits locaux et la place donnée à chaque enfant dans un projet collectif.

Mettre en récit un territoire

À travers la vidéo, les élèves découvrent qu’un territoire peut se raconter, qu’une histoire peut être mise en scène, qu’une image se construit et qu’un film est toujours le résultat d’un choix. Ils apprennent à regarder leur environnement avec attention, à travailler ensemble et à transformer une idée en création collective.

C’est précisément ce que j’aime dans la conception de projets culturels avec des scolaires : créer les conditions pour que les enfants puissent apprendre, expérimenter, s’exprimer et transmettre à leur tour quelque chose du monde qui les entoure.

Avec Ça clap’ à Dumbéa, j’ai pu mobiliser plusieurs compétences au service d’un même objectif : concevoir un projet culturel, structurer un parcours pédagogique, coordonner des partenaires, accompagner des enseignants et permettre à des élèves de devenir auteurs de leurs propres images. Ce type de projet montre combien l’éducation artistique et culturelle peut être un levier puissant pour apprendre autrement.

Si vous me découvrez par cet article, je m’appelle Emmanuelle Eriale et je suis la fondatrice de À l’Encre de l’Histoire, spécialisée en Ingenierie culturelle et Valorisation du Patrimoine.
Je conçois des projets culturels qui donnent envie d’entrer dans l’histoire.

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